Pierre Compoint est responsable du Département International chez ADD Associés. Il revient sur la création de l’IAPPR, association internationale de généalogistes successoraux dont la première Assemblée générale se tenait en septembre, à Londres, et dont ADD Associés est cofondatrice.

Bonjour Pierre Compoint, pouvez-vous nous expliquer votre rôle au sein de ADD Associés et celui du Département International en quelques mots ?
Oui bien sûr. Je suis entré à l’Etude en 1999, j’ai commencé à faire des recherches dans différentes équipes et en 2001, on m’a confié la responsabilité du Département International. À l’époque, il s’agissait d’une petite structure, nous n’étions que deux ! Et puis tout s’est développé, j’ai désormais la responsabilité de 10 personnes et notre mission consiste à traiter les dossiers ouvrant à l’international. Il y a deux aspects : les dossiers confiés par des notaires en France et dont les défunts ont des origines étrangères, et les dossiers étrangers dont les défunts sont décédés à l’étranger mais qui renvoient en partie en France. Le but, pour nous, consiste à être autonome au maximum, sans avoir à confier nos dossiers internationaux à des correspondants locaux. C’est ce que nous faisions au début – et cela arrive encore parfois par la force des choses, selon les pays – mais la solution n’était pas toujours satisfaisante. D’où le développement du Département International d’ADD Associés, qui répond à un besoin de globalisation qui touche tous les domaines, y compris notre profession.

C’est dans ce cadre qu’il faut voir le lancement de l’IAPPR (International Association of Professional Probate Researchers, Genealogists & Heir Hunters), association dont ADD Associés est cofondatrice ?
Oui tout à fait. L’IAPPR est une association professionnelle de généalogistes successoraux qui a pout objet de promouvoir la profession à l’international – un peu comme le ferait Généalogistes de France dans l’Hexagone – afin que des règles de bonne conduite, des règles déontologiques soient respectées par tout le monde. C’est la première mission. La seconde, c’est d’informer nos clients, le public, sur la profession et sur les conduites acceptables.

Il s’agit de donner des garanties, une sécurité juridique à nos clients, mais aussi aux partenaires que nous sollicitons.

Pourquoi l’IAPPR maintenant ?
Année après année, les effets de la globalisation renforcent considérablement l’internationalisation de nos activités. C’est dire l’importance de l’IAPPR, dont les membres fondateurs comptent un Argentin, deux Américains, un Allemand, un Anglais, et un Français bien sûr [ADD Associés, ndlr]. Notre objectif est de construire des standards internationaux, de créer un cadre de bonnes pratiques pour promouvoir notre ‘industry’. C’est-à-dire, dans son acception anglo-saxonne, notre marché. Il s’agit donc de donner des garanties, une sécurité juridique à nos clients (prescripteurs comme héritiers) mais aussi aux partenaires que nous sollicitons. Sans oublier, au sein de ce réseau qui se crée, d’échanger, discuter, confronter nos expériences pour mieux appréhender les évolutions auxquelles nous sommes confrontés – juridiques, sociétales et informatiques notamment – et qui sont désormais communes à tous. Pour prendre un exemple concret : nous sommes amenés à échanger sur la meilleure manière d’effectuer des recherches en Chine, où nous avons tous de plus en plus de dossiers.

Antoine Djikpa (à gauche) et Pierre Compoint (à droite), lors de la première Assemblée générale de l’IAPPR, en septembre 2017.

Quelles sont les premières décisions prises par l’IAPPR ?
Nous sortons de la première Assemblée générale [qui se tenait mi-septembre, ndlr] et pour l’instant, nous mettons les différentes règles en place. Il y a des règles d’adhésion par exemple : il faut que l’étude compte plus de 10 salariés, une séparation entre les fonds clients et la gestion du cabinet, 5 ans d’expérience, et qu’elle soit acceptée à l’unanimité. Voilà notamment de quoi nous avons parlé. Qui nous acceptons au sein de l’IAPPR, comment, pourquoi ? Quels sont nos standards ? Comment communiquer ? Et puis tout simplement, c’était l’occasion de faire plus ample connaissance. La prochaine AG aura lieu à Paris au mois d’octobre 2018 et d’ici là, nous allons avancer ensemble. Car l’international prend de plus en plus de place au sein de notre profession, c’est inéluctable. L’IAPPR répond à ce besoin.