Les généalogistes, professionnels spécialisés dans la recherche d’héritiers, sont avant tout des hommes avisés. Concernés par la destination d’usage des héritages, et bien que la mission de prévention ne soit pas directement dans leurs prérogatives, ils n’hésitent pas à alerter les services sociaux pour qu’un legs puisse être l’occasion d’un nouveau départ lorsque les ayant-droits sont fragilisés socialement. Exemple avec un collaborateur de chez ADD Associés.

En 2015, à la Réunion, alors que des biens sont à vendre dans le cadre d’une succession, cette dernière, permettant aux héritiers de recevoir leur dû, est bloquée. Le défunt avait neuf enfants, trois d’entre eux étant décédés, ce sont les enfants de ces derniers, soient les petits-enfants du défunt, qui héritent. Mais l’un d’entre eux, Monsieur Jean, manque à l’appel. Le notaire en charge du dossier mandate alors le bureau de Lyon de l’étude ADD Associés afin de mener des investigations pour le retrouver. En effet, sa dernière adresse connue se situe à Villeurbanne… Très vite, il apparaît que Monsieur Jean n’habite plus la ville. L’étude généalogique s’emploie alors, comme de coutume, à consulter les registres d’état civil, ceux de la mairie de la commune de naissance et ceux des communes d’habitations connues. Tout ce qui peut attester du passage ou de la présence de la personne recherchée dans la commune est examiné : acte de naissance, de mariage, demande de fiche d’état civil, etc. Dans le cas de Monsieur Jean, les enquêteurs aboutissent vite à une piste : le disparu a été hébergé dans un foyer d’accueil de la ville de Villeurbanne. Au foyer en question, les enquêteurs apprennent que l’homme est parti à Strasbourg il y a quelques mois de cela. L’enquête se poursuit auprès des centres d’hébergement d’urgence de la ville et, finalement, il est retrouvé un soir : il a des habitudes dans un bar de quartier. Le lendemain de cette première rencontre, Monsieur Jean est convoqué à la mairie de la ville où il est invité à signer les papiers nécessaires au bon déroulement de la succession, et celle-ci reprend son cours normal.

Faire accompagner les personnes fragilisées
Les biens et propriétés sont vendus et chaque héritier reçoit sa part. « Avant de créditer le compte de Monsieur Jean, nous avons pris l’initiative de prévenir l’assistante sociale du foyer où il a ses habitudes qu’une somme conséquente allait se trouver à sa disposition. Bien que ce ne soit pas dans nos prérogatives, nous avons estimé prudent que quelqu’un soit au courant de ce qui allait arriver dans la vie de cette personne fragilisée socialement, puisse le protéger d’éventuelles personnes mal intentionnées et l’accompagne, s’il le souhaite, pour se réintégrer socialement. Avoir 20.000€ devant soi peut être une occasion inespérée de suivre une formation ou de pouvoir se loger dans de bonnes conditions », témoigne le généalogiste lyonnais. L’histoire ne dit pas ce que Monsieur Jean a fait de cette somme mais au moins, toutes les chances d’en faire bon usage auront-elles été réunies.