Les généalogistes sont parfois freinés dans leurs recherches d’héritiers. Il leur faut alors recourir à des moyens alternatifs. L’étude des papiers personnels du défunt, lorsque cela est possible, en est un.

Le cabinet Pierson, une filiale d’ADD Associés, a été mandaté pour rechercher la descendance d’une dame a priori décédée sans enfants mais dont le notaire avait appris par des cousins au quatrième degré qu’elle aurait été fille-mère au sortir de la Seconde guerre mondiale. Du moins leur semblait-il, personne n’étant sûr de rien.

Avec pour seule indication le nom de la mère, le généalogiste effectue des recherches durant deux ans, contactant les mairies dans les régions où a vécu la défunte et interrogeant les archives départementales. En vain. Aucune naissance n’a été enregistrée au nom de la jeune fille qu’elle était alors. Mystère… Une cousine germaine de la défunte est finalement retrouvée à Caen, mais cette dernière affirme ne pas avoir connu sa parente. Avec son autorisation, le généalogiste se rend alors au domicile de la défunte. Il sait, d’expérience, qu’il va probablement trouver de nombreux papiers et espère qu’un indice le conduira à la fille naturelle. Bien lui en a pris : parmi les documents conservés, le généalogiste découvre un acte de naissance, délivré vingt-cinq ans plus tôt. Il est encore dans l’enveloppe de la mairie qui a établi l’acte. Voilà la clé du mystère : le bébé, abandonné par la mère à la naissance, a été reconnu par son père dix jours après sa naissance ! Le généalogiste, jusque-là, avait cherché une personne portant le nom de la mère, or l’enfant portait celui de son père… Avec ces précieuses informations, les recherches reprennent, plus ciblées cette fois-ci, et aboutissent vite : cette fille naturelle est décédée à l’âge de 45 ans, elle a elle-même eu deux filles. L’aînée est mariée, la seconde est décédée en laissant un fils. Contacté, le jeune homme n’est pas surpris : il expliquera avoir eu l’occasion de faire la connaissance de cette arrière-grand-mère, mais qu’il n’avait pas souhaité garder le contact. Toutefois, la succession suivra son cours normal et finira par être réglée. L’expérience et la ténacité du généalogiste en auront finalement permis le dénouement.